Repousser ses limites: les enseignements du sport

Conversations type avec mes amies ces deux dernières années:

2014: “Allez on se motive les filles, on s’appelle tous les matins à 7h et on va courir toutes ensemble!” On répond toutes en coeur “ouai carrément!”. On tient notre promesse une matinée puis les autres jours on se contente de trouver excuses sur excuses, aux oubliettes notre bonne résolution

2015:  “Franchement les filles, j’ai honte quand je vois des papis et des mamies qui pètent la forme au parc, ils courent de longues distances sans être essoufflés alors que moi au bout d’un tour de parc je souffle comme un buffle (elle tente d’imiter un buffle) ». On éclate de rire, on se dit que c’est vrai après tout, on est jeunes et en forme, pourquoi pas nous? On se motive une nouvelle fois d’aller courir régulièrement. Là encore cette promesse ne tient que peu de temps avant que chacune ne soit happée par son quotidien.

2016: En fait vous savez quoi j’aime pas trop courir, je préfère marcher, j’aime bien prendre le temps de contempler les paysages, de m’arrêter pour prendre des photos, méditer sur l’environnement, les animaux. La marche ça me repose l’esprit. J’ai donc décidé (cette fois seule) depuis la fin de l’année 2015 de marcher. Au départ c’est de temps en temps puis sans m’en rendre compte je marche régulièrement. Mon application S Health compte le nombre de mes pas ce qui me permet de voir combien de pas j’effectue par jour et la distance parcourue. Bizarrement ça me motive. Il y a un objectif de pas à atteindre (marcher un minimum de 30 minutes par jour c’est bon pour la santé!) mais généralement je tente de marcher une heure, trente minutes de plus ne me font pas de mal.

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Pendant des années, je me suis dit que je voulais “reprendre” le sport. En réalité, je ne sais pas si je peux prétendre  “reprendre le sport” alors que j’ai officiellement arrêté de pratiquer une activité physique après la classe de première (soit il y a 6 ans).

Durant ces six années, j’ai poursuivi mes études supérieures, j’ai trouvé un travail à temps partiel (assez physique cela dit), je me suis engagée dans pas mal de projets mais je ne suis jamais parvenue à retrouver une activité physique au moins hebdomadaire. Je me souviens, il n’y a pas si longtemps,  mon amie m’avait invité à une séance de Zumba car elle voulait qu’on s’inscrive ensemble à la salle de sport. Quand je suis entrée dans la salle, j’arrivais encore à marcher, quand j’en suis sortie, je marchais comme un koala estropié.

Pendant une heure intensive, la professeur nous a fait sauté, courir, marché en avant, reculé en sautant, pas chassés à gauche, pas chassés à droite, la séance mêlait des pas de danse d’une grande diversité de pays. Je suis ressortie du cours en nage, les courbatures enflammaient chaque parcelle de mes muscles et j’ai dit à mon amie en suffoquant comme Steve dans la série Malcolm: “J’ai mal (inspiration)… mais ça m’a fait du bien… de me..défouler (expiration)”.

J’avais oublié à quel point le sport permettait de tout oublier, les questionnements, les soucis, les partiels à réviser pour le lendemain, les coups de fils à passer, les mails en attente. J’étais tellement concentrée sur les pas que l’on devait répéter après la professeur que je ne pensais plus à rien. Bien sûr, je savais que j’allais devoir m’occuper de tout cela à un moment ou à un autre mais à cet instant présent, rien ne m’importait d’autre que de me défouler.

Même si je n’ai finalement pas choisi la Zumba comme activité sportive, je suis contente de parvenir aujourd’hui à me motiver certains matins et d’aller parcourir à pied ma ville pendant une heure. Peu importe le sport que vous choisissez, je crois que le plus important repose sur la discipline que ce sport va vous enseigner. Se fixer des créneaux horaires hebdomadaires dédiés à votre activité sportive et s’y tenir, c’est déjà très bien et c’est pas si facile qu’on ne le croit (la preuve, il m’a fallu des années pour commencer à trouver mon rythme).

 

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J’ai intitulé cet article repousser ses limites car le sport enseigne une autre leçon fondamentale: de toujours essayer d’aller plus loin, se fixer des objectifs, les atteindre puis viser encore plus haut. Pour certains il s’agira d’esprit de compétition mais ici je me concentre surtout sur ce que j’appellerais la “compétition personnelle”, ce n’est pas un combat que l’on mène contre l’autre mais un combat que l’on mène pour soi. Ici il ne s’agit pas de vaincre son adversaire mais de vaincre ses propres limites et inhibitions. Le but c’est de se dépasser objectif après objectif afin de donner le meilleur de soi. Bien sûr, les défaites sont très importantes dans le milieu sportif, elles enseignent l’humilité,  la vulnérabilité mais aussi la persévérance.

J’aimerais insister sur le pouvoir de la vulnérabilité. Reconnaître ses défaites, c’est montrer quelque part sa propre vulnérabilité et ce n’est pas faire voeu de faiblesse mais plutôt rappeler que l’on est humain après tout et que l’on ne peut pas réussir à tous les coups. On dit que les chutes permettent de mieux se relever. Cette philosophie, ce n’est pas un simple adage que l’on utilise pour réconforter les jeunes sportifs terrassés par la première défaite de leur équipe, mais même les plus grandes sportifs vous diront eux-mêmes que les défaites leur ont permis de perfectionner leur jeu, d’être plus précis, plus attentifs et surtout que c’est après avoir connu l’échec que la victoire a le plus de goût. Une leçon que l’on peut définitivement appliquer dans nos vies quotidiennes.

 

 

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Pour en finir avec le contrôle politique du corps des femmes

En réponse aux propos de la ministre des droits des femmes Laurence Rossignol, nous avons décidé de répondre à ses propos avec 4 citoyennes engagées dans une tribune publiée sur Mediapart.

Elles veulent reprendre la parole qui leur a été confisquée. Cinq citoyennes engagées, qui portent le foulard, réagissent aux propos de Laurence Rossignol, la ministre des droits des femmes: «Ne nous libérez pas, on s’en charge ! Assez de renvoyer les femmes à leur seule dimension biologique ou esthétique. En mini-jupe, ou portant le foulard, la libération et l’émancipation appartiennent aux femmes dans leur pluralité et leur diversité».

« T’es belle pour une Noire »

 

« T’es belle pour une Noire. »

L’autre jour, je discutais avec une amie qui me racontait qu’elle en avait marre de tomber sur ce type de remarques que l’on trouve aussi bien sur les réseaux sociaux qu’au quotidien, dans des conversations. Au-delà de l’absurdité du propos, il est nécessaire de s’interroger sur les questions qu’il sous-entend.

La beauté occidentale a pendant longtemps été érigée comme LE modèle de référence dans de nombreux pays du monde. Une femme à la peau claire, aux cheveux lisses et longs et à la taille zéro bourrelets. On la voit partout: dans les couvertures de magazines, à la télé et dans les publicités comme si finalement, il n’y avait qu’un seul type de beauté. Comme si les femmes noires, asiatiques et indiennes étaient complètement invisibles.

 

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Dans mon enfance, j’ai été inondée par toutes ces images qui me reflétaient cette beauté à laquelle je ne pouvais jamais m’identifier. Ayant la peau noire et foncée, j’ai subi des moqueries dans mon enfance par rapport à ma couleur de peau ( je ne compte plus le nombre de fois ou j’ai eu droit à la fameuse blague pourrie: « Mais on ne te voit pas dans le noir» Certaines « blagues » étaient particulièrement violentes, parfois je laissais passer, d’autres fois je répliquais. Une peau plus claire et des cheveux lisses, c’est ainsi que l’on définissait la beauté dans les médias et la publicité. Même les chanteuses et actrices américaines noires auxquelles je m’identifiais étaient majoritairement claires de peau et portaient des extensions lisses ce qui ne m’a pas vraiment aidé à m’assumer telle que j’étais.

Personnellement, je n’ai jamais entendu quelqu’un lancer: « T’es belle pour une Blanche ! »

Il m’a fallu du temps avant que je ne m’accepte telle que je suis. Le jour où j’ai compris que la beauté ne se résumait pas au modèle caucasien dominant, je me suis retrouvée.

Dire d’une personne qu’elle est « belle pour une Noire » c’est dire qu’être Noire et belle à la fois relève de l’exception. C’est dire que non seulement les Noirs sont majoritairement laids mais c’est aussi opposer « la beauté noire » à la « beauté blanche » comme si la beauté caucasienne était le modèle de référence, que la beauté dépendait de la couleur de peau (on en parle de la subjectivité ?). Personnellement, je n’ai jamais entendu quelqu’un lancer: « T’es belle pour une Blanche! »

On remarquera aussi que les réflexions péjoratives sur les caractéristiques physiques sont majoritairement dirigées vers les femmes noires qui sont confrontées à la fois au racisme et au sexisme et subissent parfois de véritables lynchages, notamment sur les réseaux sociaux. C’était récemment le cas pour la mannequin Ougandaise Aamito Stacie Lagum qui après avoir posté une photo de ses lèvres publiée sur le compte instagram de la marque de cosmétiques MAC  s’est vu insultée de commentaires racistes:

« Mince, j’ai cru que c’était Jay-Z. »

« Qu’est-ce que c’est que ces lèvres? »

« Avec de telles lèvres l’industrie du botox fera faillite, en plus c’est moche. »

La mannequin à répondu à ses détracteurs par un simple post ou elle remercie l’équipe de Mac avant de lancer le hashtag  #prettylipsperiod sur Twitter « de belles lèvres, un point tout. »

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Etre Noire en France en 2016

J’ai demandé à une amie très active sur les réseaux sociaux si on lui avait déjà fait cette remarque absurde et voici ce qu’elle m’a répondu: « Je déteste que l’on me dise que je suis « belle pour une Noire ». Les personnes qui pensent me complimenter en me disant ça se trompent complètement. C’est carrément insultant c’est comme lorsque l’on me dit: “ Tu es claire pour une congolaise ”. À croire que ces personnes ont rencontré tous les Noirs de la planète! Pour moi ce genre de remarques prouve qu’aujourd’hui encore l’homme et la femme blanche sont considérés comme les modèles de référence de beauté. C’est dingue! J’ai jamais entendu quelqu’un dire « Tu es belle pour une Blanche! »

Je pense aussi qu’il y a un réel problème en France au niveau de la représentation des Noirs dans les médias. Lorsqu’un Noir joue dans un film, c’est un mec des quartiers, un bandit ou un pitre. La femme noire est encore moins représentée puisqu’au sein même de cette catégorie, une sélection est opérée. Dans une publicité, on verra en général une métisse ou une Noire à la peau claire avec des cheveux bouclés (sinon ça ne marche pas). Concernant les actrices noires, n’en parlons même pas. Je pense cependant qu’on a aussi notre part de responsabilité. Je me souviens qu’un jour j’ai dit à ma mère que je voulais devenir actrice et elle m’a répondu:  « Non ce n’est pas pour les Noirs, tu vois des Noirs a la télé à part aux Etats-Unis»

Si quelques femmes noires sont parvenues à se faire une place à la télévision française          comme Karine Lemarchand, Rokhaya Diallo ou encore Kareen Guiock, elles sont encore très minoritaires.

Comment s’accepter et trouver sa place dans une société ou l’on se sent si peu représentées aussi bien dans les médias, dans la publicité que dans l’espace public?  

Dans mon enfance, j’ai eu la chance de pouvoir m’identifier à ma mère et mes grandes soeurs qui ne se mettaient aucune limite pour réaliser leurs rêves. Ces représentations positives m’ont permis de croire en moi et d’avoir confiance en mes qualités, en mes rêves. C’est beaucoup plus difficile lorsque l’on a pas de modèles auxquels s’identifier.

Etre une femme noire en France en 2016 c’est de nombreux défis mais j’ai confiance en cette génération qui n’hésite pas à créer de nouveaux espaces pour s’exprimer, une génération créative et ambitieuse qui défend le droit d’être accepté tel que l’on est. Car c’est aussi ça la beauté: faire de ses différences une force.

 

Pour aller plus loin

Génération burn-out?

 

Pourquoi tant de gens se lancent-ils dans l’entrepreneuriat aujourd’hui ? Pourquoi tant de succès pour les blogs sur les modes de vie alternatifs, devenir freelance, monter son business, la semaine de quatre heures, le nomadisme digital et j’en passe?”.

Cette question est posée par l’auteur d’un article intitulé  “Vie sociale, hyperspécialisation, performance : autopsie de la génération burn-out” publié sur Konbini.  Cet article résume nombre de réflexions que je me suis faite ces dernières années sur le salariat, la pression sociale et académique ou encore la volonté partagée par nombre de jeunes de créer leur propre job.  Etant à la fois étudiante et salariée à temps partiel, j’ai toujours eu l’impression que la majorité des formations proposées en France ne correspondent pas à la réalité du marché. C’est d’autant plus révélateur dans les formations universitaires qui restent pour la plupart très théoriques et peinent à proposer des parcours professionnalisants  (et entre nous il ne suffit pas d’ajouter les termes “International”, “Business” ou “Management” à l’intitulé du diplôme pour espérer s’aligner aux grandes écoles de commerce — et encore moins décrocher un contrat en CDI).

L’hyperspécialisation professionnelle nous a enfermés dans des cases minuscules, rendant impossible ou très difficile la moindre transition dans un domaine différent, ou même un autre secteur d’activité dans le même corps de métier. On nous a formés comme des ouvriers alors que nous allons faire toute notre vie professionnelle dans un monde d’entrepreneurs, d’innovation, de flexibilité et d’adaptation constante”.

Parce que le monde bouge constamment! Notre génération a la chance d’avoir grandit avec les nouvelles technologies, l’échange et le partage d’informations à l’échelle planétaire et les réseaux sociaux qui ont complètement bouleversés nos modes de vie. Ces évolutions constantes nous ont permis de développer de multiples compétences et de nous adapter plus facilement au changement. Je me suis toujours dit que je ne pourrais jamais exercer un seul métier toute ma vie, il y a tellement de choses à faire! Un désir partagé par de nombreux proches mais aussi par de nombreux jeunes qui ne se reconnaissent pas dans le monde du salariat. Comme une envie de faire ce que l’on a toujours rêvé de faire, peu importe si l’on choisit des métiers complètement différents, tant qu’ils nous permettent de nous réaliser.

Pourtant si toute cette énergie est plutôt positive, les jeunes sont souvent confrontés à une certaine pression sociale qui voudrait que l’on ai déjà établit nos plans de vie pour les dix prochaines années à venir. L’auteur parle de “génération burn-out”: “À 30 ans, il faudrait déjà avoir quatre-vingt années de métier, s’affirmer, proclamer des trucs, savoir où l’on va”. Savoir où l’on va. Cette *injonction* que l’on a eu de  cesse de nous répéter depuis le plus jeune âge sans vraiment nous en expliquer le sens. Mais qu’est-ce que ça veut dire finalement?

Nos aspirations sont amenées à évoluer et si certaines personnes ont la chance de savoir exactement ce qu’elles souhaitent faire dans leur vie, ce n’est pas le cas pour tout le monde, parfois cela peut prendre un peu plus de temps. Je suis très admirative lorsque je rencontre à l’université des mères de famille qui ont décidé de reprendre leur études afin d’évoluer dans leur carrière ou pour exercer un job complètement différent.

Alors pourquoi serait-on obligés de tout savoir tout de suite? La vie c’est des expériences, des choix, des échecs, des victoires, de la nouveauté. Et puis vous savez quoi? S’il m’a fallu des années pour trouver ma voie, entre réorientations, incertitudes, déceptions et échecs,  je suis contente aujourd’hui de faire des choses qui me plaisent énormément.
Si vous n’avez pas encore trouvé votre voie, laissez vous  expérimenter, vous finirez bien par vous trouver.

« France: une jeunesse oubliée? »

photocomplementenqueteL’émission Complément d’enquête  a consacré son édition du jeudi 17 mars à la jeunesse française. Une jeunesse oubliée ? C’est ce que se demandent les journalistes. Le reportage met en avant les difficultés que rencontrent les jeunes de France dans l’accès à l’emploi, entre chômage, précarité… et désert d’opportunités.

A 22 ans, déjà trop vielle pour la coiffure

Un des reportages nous propose de suivre Jessica, Kévin et Suzie, des jeunes chômeurs qui ont entre 18 et 25 ans et qui peinent à s’insérer sur le marché du travail.

Leurs  parcours mettent en évidence les problématiques et les paradoxes de notre société qui ne veut même pas “donner une première chance” à ses jeunes qui sont pourtant déterminés à travailler.

On découvre l’histoire de Jessica qui a cumulé les petits boulots avant de découvrir sa vocation : la coiffure. Jessica cherche un contrat en apprentissage depuis des mois sans n’avoir jamais obtenu une seule réponse positive. La raison est purement économique. A 22 ans, elle est n’est pas assez rentable pour les employeurs qui préfèrent recruter des jeunes de moins de dix-huit ans afin de bénéficier de réductions d’impôts. Jessica est déjà trop vieille pour le monde de la coiffure. Une situation aberrante qui me pose la question suivante : qu’est-ce qu’on en fait alors de ces jeunes qui ne sont pas assez rentables pour les entreprises ? L’apprentissage est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs moyens pour accéder à l’emploi. Si, maintenant, il exclut une partie des jeunes pour des motifs purement économiques comme c’est le cas pour Jessica, alors il y a un problème.

« Il faut se créer nos propres places »

« Ce qui met la haine, c’est que quand on ne vous donne pas votre chance, on ne peut pas avoir d’expérience. » 

A 25 ans, Kévin survit grâce au dispositif de la garantie jeune qui lui verse 460 euros par mois. Il vit dans un logement hlm avec quatre de ses amis qu’ils vont devoir quitter prochainement. Ses recherches de logement sont stériles en raison de ses faibles revenus et de sa situation précaire. Aucun propriétaire ne veut prendre le risque de lui louer un appartement. Kévin a arrêté ses études au collège et n’a jamais trouvé un emploi stable, il travaille en moyenne deux mois par an. Cette situation est pesante pour le jeune homme qui met en cause les politiques de recrutement des entreprises qui exigent constamment d’avoir une expérience professionnelle, or “(…) quand on ne vous donne pas votre chance, on ne peut pas avoir d’expérience”. Un constat que partage Suzie qui, après avoir obtenu un DUT de graphiste, n’a pu effectuer qu’un seul stage en entreprise. Elle cherche un emploi depuis deux ans et vit avec moins de 500 euros par mois d’aides versées par l’Etat.

Pour Suzie, les rêves ont laissé place à la dure réalité : “Il n’y a pas assez de place pour tous alors il faut se créer nos places, qu’on les invente parce qu’elles n’existent pas.” Sans travail ni logement, Suzie est hébergée chez son copain le temps de trouver une situation stable.

Pourquoi ce pays nous coupe ainsi les ailes ?

Je bouillonnais en regardant ce reportage. Je repensais à quelques-uns de mes amis qui sont diplômés depuis des mois voire des années et qui n’ont toujours pas trouvé de premier emploi en raison d’un “manque d’expérience professionnelle”. Pourtant, ils ont fait leur partie du contrat, ils ont étudié, certains sont surdiplômés, ils ont même travaillé à côté de leurs études en se disant que de toute façon, cette situation allait finir par changer, qu’un jour ils auraient le métier de leur rêve. Aujourd’hui, ils sont au chômage, essuyant jour après jour les refus d’embauche. Alors je veux comprendre.

Pourquoi ce pays nous coupe ainsi les ailes ? Pourquoi on ne nous donne pas cette fameusepremière chance qui nous permettra d’acquérir cette fameuse expérience professionnelle tant désirée par les employeurs ? Pourquoi, en 2016, des jeunes ne peuvent même pas se payer un ticket de bus ?

Réveille-toi ma France. Réveille-toi.